22 juin 2021

Épisode 3 - Les proches de personnes judiciarisées: expériences humaines et connaissances carcérales




Pour la première fois depuis sa création, la revue Criminologie porte son attention, dans ce numéro thématique (Volume 52, No1), sur ces personnes qui n’ont pas enfreint les normes pénales, ni ne sont des victimes de ces infractions, ni même des agents qui influencent, modifient ou appliquent ces normes. Ce qui les identifie, malgré elles, comme une population hétérogène que la criminologie se doit de mieux connaître, ce sont leurs liens familiaux et affectifs avec une personne judiciarisée.

Ce troisième épisode interroge Sophie de Saussure et Stacey Hannem.

Sophie de Saussure Les effets de la peine sur les proches des contrevenants. Difficultés et discussion quant à leur problématisation lors de la détermination de la peine (débute à 00:47)

Cet article s’intéresse à la problématisation des effets de la peine sur les proches des personnes contrevenantes dans le contexte de la détermination de la peine. Pour observer cet objet, nous aborderons la manière dont le droit criminel moderne organise l’absence des proches des contrevenants, et réfléchirons aux rationalités oeuvrant en coulisse pour construire et sédimenter cette absence. Nous verrons aussi comment s’organisent, en filigrane, des espaces de reconnaissance des effets de la peine sur les proches des contrevenants, et observerons les émergences qui viennent irriter les rationalités disqualifiantes pour ces personnes, rationalités qui dominent encore la pensée et les pratiques en matière pénale. Enfin, nous proposerons une réflexion sur la manière dont le dévoilement des absences et des émergences pourrait contribuer à enrichir et modifier ces rationalités, dans la perspective de construction d’un droit criminel inclusif.

Lire l’article sur Érudit : https://doi.org/10.7202/1059546ar


Stacey Hannem Déconstruire la stigmatisation des familles dans le discours sur les familles affectées par l’incarcération (débute à 11:46)

La présente étude se penche sur les tentatives récentes des chercheurs et des activistes pour comprendre les conséquences collatérales du système de justice pénale pour les familles des détenus et pour remettre en question la légitimité de tels dommages collatéraux dans la « guerre contre le crime ». Ceux qui cherchent à montrer que les familles des détenus sont des victimes du système font souvent face à des préjugés stigmatisants : les discours sociaux et politiques qui identifient ces familles comme étant marginalisées créent aussi des obstacles à la remise en cause des politiques qui ont des effets négatifs sur ces familles. Généralement, le discours des chercheurs et des défenseurs de cette cause qui tentent d’attirer l’attention sur les problèmes auxquels font face ces familles insiste sur l’innocence et montre du doigt le rôle des familles dans la réduction du crime. Chercheurs et défenseurs soutiennent ainsi que les services aux familles et aux enfants réduisent les risques de récidive et de crimes « intergénérationnels ». J’examinerai ici les dilemmes dans la conduite de telles analyses coût-bénéfice et dans la rhétorique néolibérale de la réduction du risque en vue de remettre en question les politiques qui affectent les familles. Je défendrai que la remise en cause de la stigmatisation et des changements dans les discours sur les conséquences collatérales doit passer par l’inclusion et les droits de la personne plutôt que par le discours de l’exclusion employé par les idéologies dominantes sur la réduction du crime.

Lire l’article sur Érudit : https://doi.org/10.7202/1059547ar

Criminologie est une revue de recherche scientifique avec comité de lecture (peer reviewed). Elle s'adresse aux scientifiques et aux professionnels de la justice pénale, présente des dossiers thématiques construits autour des préoccupations et des intérêts actuels des criminologues québécois, canadiens, étatsuniens et européens.

Pour la première fois depuis sa création, la revue Criminologie porte son attention, dans ce numéro thématique (Volume 52, numéro 1), sur ces personnes qui n’ont pas enfreint les normes pénales, ni ne sont des victimes de ces infractions, ni même des agents qui influencent, modifient ou appliquent ces normes. Ce qui les identifie, malgré elles, comme une population hétérogène que la criminologie se doit de mieux connaître, ce sont leurs liens familiaux et affectifs avec une personne judiciarisée.

Voici trois épisodes interrogeant plusieurs de nos auteures sur leurs articles rédigés pour ce numéro.

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