Colloque

24 – 28 octobre 2022 - Variables

Lancement de la saison scientifique du CICC 2022-2023

Organisé par le CICC et l'Observatoire des profilages.

Voyez ou revoyez toutes les conférences sur notre chaine Youtube


Lundi 24 octobre - 12h00 à 13h30 - ZOOM
Intelligence artificielle et profilages

12h00 - Introduction à la semaine du lancement de la saison scientifique du CICC 2022-2023, par la directrice de l'Observatoire des profilages, Céline Bellot

12h15 - Conférences

Intelligence artificielle et profilages

Résumé des conférences

Conférence 1: IA et profilages : risques éthiques et juridiques, présentée par Céline Castets-Renard

Alors que l'intelligence artificielle et les technologies en général sont régulièrement présentées comme facteurs de progrès dans les sociétés, la réalité est souvent toute autre et peut conduire à des situations de profilage et de discrimination. Plusieurs études portant sur la reconnaissance faciale ont pu montrer la discrimination envers les personnes racisées et envers les femmes. De même, si l'usage de l'IA en imagerie médicale est un exemple a priori positif pour aider au diagnostic des cancers, il faut aussi considérer plus largement les facteurs socio-économiques et techniques de mise en oeuvre qui peuvent conduire à exclure des personnes, notamment selon leur pathologie ou leur ethnie. Également, les lois anti-avortement adoptées récemment dans plusieurs États américains donnent lieu à une surveillance par des dispositifs technologiques de géolocalisation ou collecte d'informations auprès des géants du numérique ou courtiers des données, afin de traquer les femmes souhaitant interrompre leur grossesse. Ces cas de profilages fondés sur le genre, la race ou la santé illustrent le fait que les rapports de pouvoir, domination et contrôle social sont alors maintenus voire renforcés dans l'utilisation de technologies. La discussion engagera à la recherche collective de solutions.

Conférence 

Conférence 2: Intelligence artificielle : jeux de données et jeux de pouvoir, présentée par Julie-Michèle Morin

Les systèmes d’intelligences artificielles (IA), et plus largement les innovations technologiques, sont toujours le résultat d’un processus de coopération entre des forces humaines (programmeur·euses, mathématicien·nes, algorithmicien·nes, technicien·es informatiques, etc.) et des agents autres qu’humains (protocoles informatiques, statistiques, formules mathématiques, diverses applications d’apprentissage automatisé ou semi-automatisé, etc.). Cette collaboration vise à créer et à raffiner le fonctionnement des algorithmes à l’œuvre dans une IA. Ce faisant, toute technologie est la matérialisation du système de valeurs des personnes, ou plus fréquemment des compagnies et des groupes de recherche, derrière sa fabrication. Ces artéfacts technologiques contiennent des principes, des politiques et des intérêts qui reflètent les valeurs de leurs concepteur·trices, des industries pour lesquelles iels travaillent. Les jeux de données (datasets) mobilisés pour créer les IA sont des témoins directs de ces valeurs, de ces idéologies et de ces postures. Loin d’être neutres, ces technologies modifient et déterminent les expériences individuelles, sociales et collectives que l’on fait de la race, du sexe, du genre et de la classe.

Ce webinaire sera l’occasion de réfléchir au rôle que joue le choix des données utilisées pendant l’entrainement des systèmes d’intelligences artificielles et aux effets que ces encodages provoquent dans le processus de discrimination et de profilage de certains groupes sociaux historiquement marginalisés. Afin d’exemplifier concrètement cette réflexion sur la technologisation du profilage, je m’appuierai sur deux figures de cas : d’abord, les méthodes de police prédictives, avec l’exemple des outils développés par PredPol puis ensuite, l’évaluation judiciaire du risque de récidive des prévenu·es, avec le cas de l’outil COMPAS (Correctional Offender Management Profiling for Alternative Sanctions).

Conférence 

Conférencières

droitcivil_mpp8478.jpg (thumb - 100 x 100 free)Céline Castets-Renard est professeure titulaire, Faculté de droit civil, Université d’Ottawa. Titulaire de la chaire IA responsable à l'échelle mondiale et de la chaire Law au sein d’ANITI (Artificial and Natural Intelligence Toulouse Institute). Affiliée au Yale Internet Society Project et membre de l'Observatoire de l'économie des plateformes à la Commission européenne.







juliemichelemorinmarie-claude-garneau.jpeg (thumb - 100 x 100 free)Doctorante en Littératures de langue française à l’Université de Montréal, Julie-Michèle Morin rédige une thèse sur la robotique dans les arts vivants. Elle mobilise une approche technoféministe pour réfléchir aux enjeux politiques soulevés par la rencontre entre les arts, les cultures numériques et les dispositifs technoscientifiques. Elle est également conseillère dramaturgique et se spécialise dans l’accompagnement des écritures médiatiques de la scène.



Mardi 25 octobre - 12h00 à 13h30 - ZOOM
Décrire la mort en prison : regards institutionnels

12h00Accueil et mot de bienvenue

12h15 - Conférence

Décrire la mort en prison : regards institutionnels

Résumé de la conférence

Les études qui portent sur les décès en milieu carcéral ont mis en lumière les enjeux sociaux derrière ces décès, tissant un lien entre l’institution elle-même et les causes des décès, en particulier pour les suicides (par ex., Liebling et Bernheim pour le suicide). S’ancrant dans ces recherches, cette présentation se penche sur la question des décès comment un fait social rapporté, c'est-à-dire que le décès et ses causes sont analysés à travers la parole et les gestes des acteurs sociaux concernés. Cette définition permet d’interroger ce qui est raconté dans les rapports du coroner et les données statistiques, et ce qui demeure dans l’ombre. Dans un premier temps, nous présenterons le corpus de cette recherche, en mettant en relief les enjeux méthodologiques. Dans un deuxième temps, en prenant comme point de départ les différentes méthodes de catégorisation des causes de décès, nous explorerons comment le jeu des regards institutionnels construit le sens accordé à la mort en prison, invisibilisant ainsi les violences étatiques et les rapports sociaux inégalitaires. 

Conférencières

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Catherine Chesnay est professeure à l’École de travail social de l’UQÀM. Ses travaux portent sur les expériences des personnes judiciarisées, en particulier celles des femmes. Elle s'intéresse aussi aux pratiques d'intervention avec les groupes qui visent à lutter contre le système de justice pénale. Ses principaux projets de recherche portent sur les expériences des femmes racisées à travers le système de justice criminelle (FRQSC – nouveau chercheur), ainsi que les pratiques de témoignages publics des femmes judiciarisées avec Maria Nengeh Mensah (CRSH – développement savoir).  



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Mathilde Chabot-Martin est étudiante à la maîtrise à l’École de de travail social, Faculté des arts et sciences de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Son projet de recherche traite des peines invisibles des proches des personnes incarcérées. 



Conférence 





Mercredi 26 octobre - 13h00 à 15h30 - ZOOM
Profilage racial et interceptions routières

Contexte de l'événement

Dans la foulée de la contestation constitutionnelle de l’article 636 du Code de la sécurité routière, qui permet les interceptions routières aléatoires, cette conférence vise à jeter un regard à la fois académique, clinique et expérientiel sur le profilage racial qui s’opère lors de telles interventions policières. La première présentation (Sylvestre, Bernier & Riahi) relatera les résultats d’une étude qualitative menée auprès de personnes noires et racisées qui ont fait l’objet d’interceptions routières dans plusieurs villes du Québec, documentant le contexte et les motifs de ces interceptions, les conséquences vécues par les personnes visées, mais aussi les stratégies pour y faire face. La deuxième présentation (Wright) exposera comment les interceptions routières ne sont pas des « inconvénients mineurs » pour les personnes racisées et autrement marginalisées historiquement, comme le prétendent les corps policiers. Ces interruptions sont des agressions psychologiques majeures qui sont d’autant plus dommageables qu’elles résonnent avec des traumas historiques. Dans la troisième présentation (Lakay & Blot), le cas spécifique de la lutte contre le profilage racial à Repentigny sera exploré, notamment par le témoignage d’une personne ayant vécu elle-même cette situation.

Animation de Malorie Kanaan, candidate à la maîtrise en droit et justice sociale à la Faculté de droit de l'Université d'Ottawa

13h00 – Accueil et mot de bienvenue

13h10 à 13h40 – Conférence - Le profilage racial dans les interpellations routières et leurs conséquences sur les personnes noires et racisées
(30 minutes)

Conférencières: 

  • Marie-Ève Sylvestre, doyenne et professeure titulaire à la Faculté de droit, Section de droit civil, de l’Université d’Ottawa
  • Arij Riahi, avocate et directrice des projets spéciaux à la Clinique juridique du Grand Montréal

Description de la présentation :
Cette présentation exposera les résultats de l’étude qualitative menée auprès de personnes noires et racisées qui ont fait l’objet d’interpellations et d’interceptions routières dans plusieurs villes du Québec, débutée en août 2021. L'étude vise à documenter 1) la nature des interpellations routières de routine effectuées par des agents de la paix en vertu de l’article 636 du Code de la sécurité routière, 2) l’impact disproportionné de ces interpellations effectuées sur les personnes noires et racisées des quartiers ciblés et 3) les conséquences sur le plan individuel et communautaire. Ce rapport révèle l’utilisation abusive de ce pouvoir discrétionnaire par les policiers et l’utilisation de prétextes et de ruses, qui sont des indicateurs clairs de profilage racial. Ces expériences ont d’importantes conséquences physiques et psychologiques et portent atteinte à la confiance des personnes envers la police et le système de justice, érodent leur estime de soi et affectent leur sentiment d’appartenance à la société québécoise. L’existence répandue de stratégies d’adaptation et de résistance par les personnes profilées, qui sont complètement étrangères à la majorité des conducteurs sur les routes du Québec, démontre l’ampleur de la problématique et la profondeur des traumatismes vécus par les personnes et les communautés profilées.

Conférence 


13h40 à 14h10 – Conférence - Historical Oppression, Intergenerational Trauma & Racial Profiling; Contemporary Harm with Ancient Resonance
(30 minutes)

Conférencier:

  • Robert S. Wright, MSW, RSW, Executive Director,The Peoples' Counselling Clinic, and Executive Director, African Nova Scotian Justice Institute

Description de la présentation :
Often when policing agencies speak to justify the practice of traffic stops and street checks they describe the practice as a "minor convenience" on citizens. This is certainly not the case for racialized and other historically marginalized persons. These interruptions are major psychological assaults that are made all the more harmful because of their resonance with historical traumas. This presentation will help participants in their understanding of these connections.

Conférence 


14h10 à 14h20 – Pause

14h20 à 14h50 – Conférence - Les interceptions routières à Repentigny : témoignage de Lakay et d’une personne interceptée
(30 minutes)

Conférenciers: 

  • Pierre-Richard Thomas, président de Lakay

Conférence 

14h50 à 15h25 – Périodes de questions et d'échanges
(35 minutes)

15h25 à 15h30 – Conclusion / Mot de clôture


Jeudi 27 octobre - 13h00 à 16h00
Université de Montréal, Pavillon André-Aisenstadt, salle 1360
Le profilage racial : aux croisements de l’expérience, de la recherche et de l’intervention

Contexte de l'événement

Cet évènement a pour objectif de rassembler divers acteur.trice.s autour des questions de profilages selon leurs angles respectifs d’action, en mettant l’accent sur le profilage vécu par les jeunes racisés. Une première conférence sera l’occasion de mettre en contexte plus largement les racines du profilage pour ensuite présenter des résultats préliminaires d’une étude sur les expériences de profilage racial et leurs effets durant les interactions avec les policiers dans l’espace public à Québec. Un regard sera ensuite posé sur les enjeux méthodologiques rencontrés au sein des recherches ayant pour objet le profilage. Une troisième conférence mènera à la présentation des résultats d’une étude réalisée sur la stigmatisation territoriale vécue par les jeunes de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, et plus largement par toute la communauté racisée de l’arrondissement dans le cadre du dispositif pénal. Finalement, il sera question de la défense des droits et de l’intervention auprès des personnes profilées par des partenaires oeuvrant sur le terrain. En plus des réalités du contexte et des pratiques d’intervention, des résultats d’une étude sur l’inertie municipale face au profilage racial à Repentigny seront présentés.

13h00 – Accueil et mot de bienvenue

13h15 à 13h45 – Conférence - Les racines des profilages à Québec : documenter pour rendre visible - le profilage racial
(30 minutes suivies de 10 minutes d'échanges)

Conférenciers: 

  • Patrick Goma-Maniongui, étudiant au doctorat en science politique à l’Université Laval
  • Maxim Fortin, coordonnateur de la Ligue des droits et libertés – Section Québec

13h45 à 14h15 – Conférence - Les enjeux méthodologiques de la recherche sur les profilages dans les pratiques quotidiennes
(30 minutes suivies de 10 minutes d'échanges)

Conférencières: 

  • Jade Bourdages-Lafleur, professeur à l’École de travail social de l’Université de Québec à Montréal
  • Izara Gilbert, étudiante à la maîtrise en travail social à l’Université du Québec à Montréal
  • Gabrielle Prince-Guérard, étudiante à la maîtrise en travail social à l’Université du Québec à Montréal

14h15 à 14h30 – Pause

14h30 à 15h00 – Conférence - La territorialisation des discriminations dans le cadre du dispositif pénal de l’arrondissement Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles
(30 minutes suivies de 10 minutes d'échanges)

Conférencières: 

  • Izara Gilbert, étudiante à la maîtrise en travail social à l’Université du Québec à Montréal
  • Jade Bourdages-Lafleur, professeur à l’École de travail social de l’Université de Québec à Montréal


15h00 à 15h30 – Conférence - La défense des droits et l’intervention auprès des personnes profilées : regard sur l’expérience et les pratiques

Conférenciers: 

  • Pierre Richard Thomas, président de Lakay
  • Rodney Dorvelus, responsable de la vie associative du Bureau de consultation jeunesse

15h30 à 16h00 – Mot de clôture

Alain Babineau, étudiant à la maîtrise à la Faculté de droit de l’Université McGill et directeur du dossier profilage racial & sécurité publique pour la Coalition Rouge de Montréal.


vignette_conference2022-forumv4.jpg (thumb - 100 x 100 free)Suivi du Forum scientifique des cycles supérieurs en criminologie, un concours de présentations étudiantes par affiche
De 16h00 à 18h00
À l’Agora du Pavillon Jean-Coutu de l'Université de Montréal


Vendredi 28 octobre - 12h00 à 13h30 - ZOOM
Exploring the lived experiences of those who "fit the description"- The impact of racial profiling on Black youth in Toronto.

12h00 - Accueil et mot de bienvenue

12h15 - Conférence - Exploring the lived experiences of those who "fit the description"- The impact of racial profiling on Black youth in Toronto.

 

Abstract of the conference

Using the critical race methodology of composite counter storytelling, the following presentation explores Black youth experiences with the police in Toronto. This approach aims to counter the notion of 'equality before the law' and demonstrate how some legal criminal justice actors, such as the police, perpetuate the marginalized status of Black youth through racial profiling and the process of criminalization.

Résumé de la conférence

En utilisant la méthodologie du contre-récit (counter storytelling)de la théorie critique de la race, la présentation suivante explorera les expériences des jeunes Noirs avec la police à Toronto. Cette approche vise à contrer la notion « d'égalité devant la loi » et à démontrer comment certains acteurs de la justice pénale, comme la police, perpétuent la marginalisation des jeunes Noirs par le profilage racial et le processus de criminalisation.


Conférencière
kanika-samuels-wortley-pic-1.jpeg (thumb - 100 x 100 free)EN - Dr. Kanika Samuels-Wortley is an Assistant Professor in the Department of Criminology at Toronto Metropolitan University and is currently a Visiting Fellow at the School of Regulation and Global Governance (RegNet) at Australian National University. Her research centres race and racism, youth engagement in crime, victimization, policing, and critical race theory.

FR - Dr. Kanika Samuels-Wortley est professeure adjointe au Département de Criminologie de la Toronto Metropolitan University et est présentement chercheure invitée à la School of Regulation and Global Governance (RegNet) à l’Australian National University. Ses recherches portent sur la race et le racisme, l’engagement des jeunes dans la criminalité, la victimisation, le maintien de l’ordre et la théorique critique de la race.

Conférence version originale en anglais

Conférence version française (interprétation simultanée) 


Affiche détaillée de la conférence

Événements

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