
Ce colloque est co-organisé par le Centre International de Criminologie Comparée et l'Ordre Professionnel des Criminologues du Québec, est composée de trois présentations.
Cette activité payante sera reconnue par l'OPCQ en tant que formation continue pour ses membres criminologues.
Mardi 19 mai, de 13h00 à 16h00, en Zoom seulement.


Isabelle V. Daignault, Ph.D., professeure à l'École de criminologie de l'Université de Montréal
Psychologue clinicienne de formation, Isabelle V. Daignault, Ph.D., est professeure à l'École de criminologie de l'Université de Montréal et cotitulaire de la Chaire de recherche interuniversitaire Marie-Vincent sur les agressions sexuelles envers les enfants. Elle est membre chercheuse de divers groupes de recherche dont le CICC, le Consortium canadien sur le trauma chez les enfants et adolescents et l’Équipe violence sexuelle et santé (EVISA).
Cette présentation vise à proposer une grille de lecture clinique permettant de mieux comprendre les comportements sexuels problématiques chez l’enfant, d’en explorer les déterminants développementaux et contextuels, et d’orienter l’évaluation des besoins et les premières interventions.

Professeure agrégée au département de psychoéducation de l'Université du Québec à Trois-Rivières et criminologue clinicienne à l'Institut de psychiatrie légale, Philippe Pinel, Julie Carpentier s'intéresse à l'intervention auprès des jeunes, aux agressions sexuelles, à la carrière criminelle, aux trajectoires et à la récidive.
Comment évaluer le risque chez un adolescent ayant commis une infraction sexuelle lorsque plusieurs mois, voire plusieurs années, se sont écoulés depuis les faits ? Cette question, fréquente en pratique, soulève plusieurs défis cliniques, d’autant plus que les outils disponibles ont surtout été développés dans une perspective de prédiction à court terme et qu’ils rendent imparfaitement compte de la réalité développementale des adolescents.
Cette présentation propose une réflexion sur l’évaluation du risque chez les adolescents auteurs d’infractions sexuelles à partir de quelques questions centrales : que deviennent ces adolescents à l’âge adulte, comment intégrer le temps écoulé sans récidive dans l’appréciation du risque, quelles considérations développementales devraient guider l’évaluation et les recommandations, et sur quels repères s’appuyer lorsque les infractions sexuelles ont été commises en ligne.
En s’appuyant sur des résultats de recherche récents, dont une étude longitudinale avec un suivi moyen de 22 ans, ainsi que sur quelques travaux clés du domaine, la présentation mettra en lumière le caractère évolutif du risque, la faible fréquence relative de la récidive sexuelle à long terme, ainsi que les limites de certains repères cliniques ou outils lorsqu’ils sont appliqués de façon décontextualisée. Une attention particulière sera portée aux implications pour la pratique des criminologues, notamment quant à l’intégration du temps, du développement et du contexte de l’infraction dans le jugement clinique.

Mathieu Couture, Ph.D., psychologue et Responsable du développement des pratiques pour le RIMAS
L’atelier présentera les fondements théoriques, pratiques, déontologiques et juridiques sur lesquels doit reposer l’évaluation spécialisée en délinquance sexuelle. Il fera le tour des bonnes pratiques de l’évaluation, à partir de sa conceptualisation et de la réception du mandat jusqu’au passage au Tribunal à titre de témoin expert. Il soulèvera les qualités que doit présenter un rapport d’évaluation tout en signalant certains pièges à éviter. Il permettra de mettre en lumière les biais qui peuvent guider la pratique de l’évaluateur.trice, ainsi que les pré-requis essentiels afin d’être un évaluateur.trice dont l’expertise et la crédibilité sont reconnues par la communauté de pratique. Il fournira un abécédaire de l’évaluation spécialisée en délinquance sexuelle.

Professeur titulaire à l'École de travail social et de criminologie de l'Université Laval, Patrick Lussier est également chercheur au Centre de recherche universitaire sur les jeunes et les familles (CRUJeF). Ses intérêts de recherche portent sur la carrière criminelle, les trajectoires et parcours de vie, la délinquance sexuelle et les théories criminologiques.
En janvier 2026, le gouvernement du Québec a déposé un projet de loi visant à rendre publiques les informations personnelles d’individus considérés comme présentant un risque élevé de récidive sexuelle. Cette pratique, déjà en vigueur ailleurs au Canada depuis janvier 2026, va à l’encontre des connaissances cliniques et scientifiques en matière d’évaluation et de gestion du risque chez les auteurs de crimes à caractère sexuel. Le projet de loi ne fournit aucune balise quant à la notion de risque élevé, aux critères retenus, ni à la manière dont ce statut sera déterminé. Ce projet de loi soulève ainsi de véritables enjeux sur les plans légal, éthique, clinique, scientifique et pratique. C’est dans ce contexte que cette formation propose un retour sur les connaissances relatives à l’évaluation du risque de récidive sexuelle chez les auteurs adultes de crimes à caractère sexuel. Elle offrira une analyse critique allant au-delà des bonnes pratiques en matière d’évaluation du risque. L’accent sera mis sur l’utilisation responsable et éclairée des outils actuariels couramment employés en contexte d’évaluation clinique. S’appuyant sur 80 années de recherche sur la récidive sexuelle et l’évaluation du risque, cette formation proposera un survol des connaissances actuelles ainsi que des fausses croyances entourant l’évaluation du risque de récidive sexuelle.
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