Lancement
16 – 19 novembre 2026 - Variables
Lancement de la saison scientifique du CICC 2026-2027
L'entourage des personnes victimes ou judiciarisées ou à risque de l'être
Cet événement, organisé dans le cadre du lancement de la saison scientifique 2026-2027 du CICC, sera consacré au thème « L'entourage des personnes victimes ou judiciarisées ou à risque de l'être. »
Souvent peu visibles, les proches des personnes judiciarisées et des victimes occupent pourtant une place essentielle dans les parcours de justice, de soutien et de réinsertion sociale. Cette semaine de conférences propose de croiser les regards de chercheurs, de professionnels des milieux de pratique et de personnes directement concernées afin d'explorer les réalités, les défis et les besoins de ces entourages.
Du 16 au 18 novembre 2026, trois conférences en ligne, de 12 h à 13 h, aborderont différentes dimensions de cette thématique : les organismes offrant des services de soutien, les réalités des proches face à la dépendance ainsi que les enjeux liés à la santé mentale.
Le 19 novembre, une journée en présentiel se tiendra à l'Université de Montréal (local C-3061). Au programme : conférences, table ronde réunissant des intervenantes de différents milieux, présentations d'affiches scientifiques et échanges autour des enjeux vécus par les proches. La journée se conclura par un cocktail de 17 h à 19 h au Café Satellite, accompagné de l'annonce des personnes lauréates du concours d'affiches scientifiques.
Un concours d'affiches scientifiques est également organisé à l'intention des étudiant·es supervisé·es par un·e chercheur·e ou professeur·e membre du CICC. Trois prix de 500 $ seront remis pour souligner la qualité et l'originalité des travaux présentés.
Cette activité gratuite constitue une occasion privilégiée de découvrir les recherches actuelles, de favoriser le dialogue entre les milieux scientifiques et de pratique, et de réfléchir collectivement à la place et au rôle de l'entourage dans les parcours judiciaires et sociaux.
Lundi 16 novembre - 12h00 à 13h00 - ZOOM
Organismes offrant des services
12h00 - Introduction à la semaine du lancement de la saison scientifique du CICC 2022-2023, par la directrice de l'Observatoire des profilages, Céline Bellot
12h15 - Conférences
Intelligence artificielle et profilages
Résumé des conférences
Conférence 1: IA et profilages : risques éthiques et juridiques, présentée par Céline Castets-Renard
Alors que l'intelligence artificielle et les technologies en général sont régulièrement présentées comme facteurs de progrès dans les sociétés, la réalité est souvent toute autre et peut conduire à des situations de profilage et de discrimination. Plusieurs études portant sur la reconnaissance faciale ont pu montrer la discrimination envers les personnes racisées et envers les femmes. De même, si l'usage de l'IA en imagerie médicale est un exemple a priori positif pour aider au diagnostic des cancers, il faut aussi considérer plus largement les facteurs socio-économiques et techniques de mise en oeuvre qui peuvent conduire à exclure des personnes, notamment selon leur pathologie ou leur ethnie. Également, les lois anti-avortement adoptées récemment dans plusieurs États américains donnent lieu à une surveillance par des dispositifs technologiques de géolocalisation ou collecte d'informations auprès des géants du numérique ou courtiers des données, afin de traquer les femmes souhaitant interrompre leur grossesse. Ces cas de profilages fondés sur le genre, la race ou la santé illustrent le fait que les rapports de pouvoir, domination et contrôle social sont alors maintenus voire renforcés dans l'utilisation de technologies. La discussion engagera à la recherche collective de solutions.
Conférence
Conférence 2: Intelligence artificielle : jeux de données et jeux de pouvoir, présentée par Julie-Michèle Morin
Les systèmes d’intelligences artificielles (IA), et plus largement les innovations technologiques, sont toujours le résultat d’un processus de coopération entre des forces humaines (programmeur·euses, mathématicien·nes, algorithmicien·nes, technicien·es informatiques, etc.) et des agents autres qu’humains (protocoles informatiques, statistiques, formules mathématiques, diverses applications d’apprentissage automatisé ou semi-automatisé, etc.). Cette collaboration vise à créer et à raffiner le fonctionnement des algorithmes à l’œuvre dans une IA. Ce faisant, toute technologie est la matérialisation du système de valeurs des personnes, ou plus fréquemment des compagnies et des groupes de recherche, derrière sa fabrication. Ces artéfacts technologiques contiennent des principes, des politiques et des intérêts qui reflètent les valeurs de leurs concepteur·trices, des industries pour lesquelles iels travaillent. Les jeux de données (datasets) mobilisés pour créer les IA sont des témoins directs de ces valeurs, de ces idéologies et de ces postures. Loin d’être neutres, ces technologies modifient et déterminent les expériences individuelles, sociales et collectives que l’on fait de la race, du sexe, du genre et de la classe.
Ce webinaire sera l’occasion de réfléchir au rôle que joue le choix des données utilisées pendant l’entrainement des systèmes d’intelligences artificielles et aux effets que ces encodages provoquent dans le processus de discrimination et de profilage de certains groupes sociaux historiquement marginalisés. Afin d’exemplifier concrètement cette réflexion sur la technologisation du profilage, je m’appuierai sur deux figures de cas : d’abord, les méthodes de police prédictives, avec l’exemple des outils développés par PredPol puis ensuite, l’évaluation judiciaire du risque de récidive des prévenu·es, avec le cas de l’outil COMPAS (Correctional Offender Management Profiling for Alternative Sanctions).
Conférence
Conférencières
Céline Castets-Renard est professeure titulaire, Faculté de droit civil, Université d’Ottawa. Titulaire de la chaire IA responsable à l'échelle mondiale et de la chaire Law au sein d’ANITI (Artificial and Natural Intelligence Toulouse Institute). Affiliée au Yale Internet Society Project et membre de l'Observatoire de l'économie des plateformes à la Commission européenne.
Doctorante en Littératures de langue française à l’Université de Montréal, Julie-Michèle Morin rédige une thèse sur la robotique dans les arts vivants. Elle mobilise une approche technoféministe pour réfléchir aux enjeux politiques soulevés par la rencontre entre les arts, les cultures numériques et les dispositifs technoscientifiques. Elle est également conseillère dramaturgique et se spécialise dans l’accompagnement des écritures médiatiques de la scène.
Mardi 17 novembre - 12h00 à 13h00 - ZOOM
Proches et dépendance
12h00 - Accueil et mot de bienvenue
12h15 - Conférence
Décrire la mort en prison : regards institutionnels
Résumé de la conférence
Les études qui portent sur les décès en milieu carcéral ont mis en lumière les enjeux sociaux derrière ces décès, tissant un lien entre l’institution elle-même et les causes des décès, en particulier pour les suicides (par ex., Liebling et Bernheim pour le suicide). S’ancrant dans ces recherches, cette présentation se penche sur la question des décès comment un fait social rapporté, c'est-à-dire que le décès et ses causes y sont analysés à travers la parole et les gestes des acteurs sociaux concernés. Cette définition permet d’interroger ce qui est raconté dans les rapports du coroner et les données statistiques, et ce qui demeure dans l’ombre. Dans un premier temps, nous présenterons le corpus de cette recherche, en mettant en relief les enjeux méthodologiques. Dans un deuxième temps, en prenant comme point de départ les différentes méthodes de catégorisation des causes de décès, nous explorerons comment le jeu des regards institutionnels construit le sens accordé à la mort en prison, invisibilisant ainsi les violences étatiques et les rapports sociaux inégalitaires.
Conférencières

Catherine Chesnay est professeure à l’École de travail social de l’UQÀM. Ses travaux portent sur les expériences des personnes judiciarisées, en particulier celles des femmes. Elle s'intéresse aussi aux pratiques d'intervention avec les groupes qui visent à lutter contre le système de justice pénale. Ses principaux projets de recherche portent sur les expériences des femmes racisées à travers le système de justice criminelle (FRQSC – nouveau chercheur), ainsi que les pratiques de témoignages publics des femmes judiciarisées avec Maria Nengeh Mensah (CRSH – développement savoir).

Mathilde Chabot-Martin est étudiante à la maîtrise à l’École de de travail social, Faculté des arts et sciences de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Son projet de recherche traite des peines invisibles des proches des personnes incarcérées.
Conférence
Mercredi 18 novembre - 12h00 à 13h00 - ZOOM
Profilage racial et interceptions routières
Contexte de l'événement
Dans la foulée de la contestation constitutionnelle de l’article 636 du Code de la sécurité routière, qui permet les interceptions routières aléatoires, cette conférence vise à jeter un regard à la fois académique, clinique et expérientiel sur le profilage racial qui s’opère lors de telles interventions policières. La première présentation (Sylvestre, Bernier & Riahi) relatera les résultats d’une étude qualitative menée auprès de personnes noires et racisées qui ont fait l’objet d’interceptions routières dans plusieurs villes du Québec, documentant le contexte et les motifs de ces interceptions, les conséquences vécues par les personnes visées, mais aussi les stratégies pour y faire face. La deuxième présentation (Wright) exposera comment les interceptions routières ne sont pas des « inconvénients mineurs » pour les personnes racisées et autrement marginalisées historiquement, comme le prétendent les corps policiers. Ces interruptions sont des agressions psychologiques majeures qui sont d’autant plus dommageables qu’elles résonnent avec des traumas historiques. Dans la troisième présentation (Lakay & Blot), le cas spécifique de la lutte contre le profilage racial à Repentigny sera exploré, notamment par le témoignage d’une personne ayant vécu elle-même cette situation.
Animation de Malorie Kanaan, candidate à la maîtrise en droit et justice sociale à la Faculté de droit de l'Université d'Ottawa
13h00 – Accueil et mot de bienvenue
13h10 à 13h40 – Conférence - Le profilage racial dans les interpellations routières et leurs conséquences sur les personnes noires et racisées
(30 minutes)
Conférencières:
- Marie-Ève Sylvestre, doyenne et professeure titulaire à la Faculté de droit, Section de droit civil, de l’Université d’Ottawa
- Arij Riahi, avocate et directrice des projets spéciaux à la Clinique juridique du Grand Montréal
Description de la présentation :
Cette présentation exposera les résultats de l’étude qualitative menée auprès de personnes noires et racisées qui ont fait l’objet d’interpellations et d’interceptions routières dans plusieurs villes du Québec, débutée en août 2021. L'étude vise à documenter 1) la nature des interpellations routières de routine effectuées par des agents de la paix en vertu de l’article 636 du Code de la sécurité routière, 2) l’impact disproportionné de ces interpellations effectuées sur les personnes noires et racisées des quartiers ciblés et 3) les conséquences sur le plan individuel et communautaire. Ce rapport révèle l’utilisation abusive de ce pouvoir discrétionnaire par les policiers et l’utilisation de prétextes et de ruses, qui sont des indicateurs clairs de profilage racial. Ces expériences ont d’importantes conséquences physiques et psychologiques et portent atteinte à la confiance des personnes envers la police et le système de justice, érodent leur estime de soi et affectent leur sentiment d’appartenance à la société québécoise. L’existence répandue de stratégies d’adaptation et de résistance par les personnes profilées, qui sont complètement étrangères à la majorité des conducteurs sur les routes du Québec, démontre l’ampleur de la problématique et la profondeur des traumatismes vécus par les personnes et les communautés profilées.
Conférence
13h40 à 14h10 – Conférence - Historical Oppression, Intergenerational Trauma & Racial Profiling; Contemporary Harm with Ancient Resonance
(30 minutes)
Conférencier:
- Robert S. Wright, MSW, RSW, Executive Director,The Peoples' Counselling Clinic, and Executive Director, African Nova Scotian Justice Institute
Description de la présentation :
Often when policing agencies speak to justify the practice of traffic stops and street checks they describe the practice as a "minor convenience" on citizens. This is certainly not the case for racialized and other historically marginalized persons. These interruptions are major psychological assaults that are made all the more harmful because of their resonance with historical traumas. This presentation will help participants in their understanding of these connections.
Conférence
14h10 à 14h20 – Pause
14h20 à 14h50 – Conférence - Les interceptions routières à Repentigny : témoignage de Lakay et d’une personne interceptée
(30 minutes)
Conférenciers:
- Pierre-Richard Thomas, président de Lakay
Conférence
14h50 à 15h25 – Périodes de questions et d'échanges
(35 minutes)
15h25 à 15h30 – Conclusion / Mot de clôture
Jeudi 19 novembre - 10h00 à 17h00
Université de Montréal, Pavillon Lionel-Groulx, (local C-3061)
L'entourage des personnes victimes ou judiciarisées ou à risque de l'être
12h00 - Accueil et mot de bienvenue
12h15 - Conférence - Exploring the lived experiences of those who "fit the description"- The impact of racial profiling on Black youth in Toronto.
Abstract of the conference
Using the critical race methodology of composite counter storytelling, the following presentation explores Black youth experiences with the police in Toronto. This approach aims to counter the notion of 'equality before the law' and demonstrate how some legal criminal justice actors, such as the police, perpetuate the marginalized status of Black youth through racial profiling and the process of criminalization.
Résumé de la conférence
En utilisant la méthodologie du contre-récit (counter storytelling)de la théorie critique de la race, la présentation suivante explorera les expériences des jeunes Noirs avec la police à Toronto. Cette approche vise à contrer la notion « d'égalité devant la loi » et à démontrer comment certains acteurs de la justice pénale, comme la police, perpétuent la marginalisation des jeunes Noirs par le profilage racial et le processus de criminalisation.
Conférencière:
EN - Dr. Kanika Samuels-Wortley is an Assistant Professor in the Department of Criminology at Toronto Metropolitan University and is currently a Visiting Fellow at the School of Regulation and Global Governance (RegNet) at Australian National University. Her research centres race and racism, youth engagement in crime, victimization, policing, and critical race theory.
FR - Dr. Kanika Samuels-Wortley est professeure adjointe au Département de Criminologie de la Toronto Metropolitan University et est présentement chercheure invitée à la School of Regulation and Global Governance (RegNet) à l’Australian National University. Ses recherches portent sur la race et le racisme, l’engagement des jeunes dans la criminalité, la victimisation, le maintien de l’ordre et la théorique critique de la race.
Conférence version originale en anglais
Conférence version française (interprétation simultanée)
Affiche détaillée de la conférence