Conférences de Margaux Camous et Anne Blandine Caire
Lundi 29 juin 2026, de 11h à 13h
Dans la salle C-2059 Lionel-Groulx, UdeM
Inscription pour les places en présentiel.
La présomption d’innocence constitue l’une des garanties fondamentales du procès pénal. Pourtant, la place accordée aux victimes demeure souvent pensée en opposition à cette exigence. Toute amélioration de leur prise en compte semble alors susceptible de fragiliser les droits de la défense.
Cette communication propose d’examiner le concept de « présomption de victimité ». Loin d’instaurer une présomption de culpabilité ou une présomption de véracité des accusations, cette notion vise à interroger la manière dont les institutions accueillent et traitent les personnes qui se présentent comme victimes avant que les faits ne soient établis.
À partir des travaux consacrés à la victimisation secondaire, l’hypothèse défendue est que la protection des victimes et la protection des personnes poursuivies ne sont pas nécessairement antagonistes. La présomption de victimité peut au contraire être comprise comme une condition de l’équité procédurale, permettant de prévenir les effets délétères du soupçon systématique tout en préservant pleinement les exigences de la présomption d’innocence.
Cette réflexion invite ainsi à repenser les rapports entre vérité, protection et justice dans le procès pénal contemporain.

Anne-Blandine Caire est professeure de droit privé et de sciences criminelles à l'Université Clermont Auvergne. Spécialiste de criminologie, de victimologie et de théorie du droit, ses recherches portent sur les présomptions juridiques, les droits fondamentaux et les transformations contemporaines de la justice pénale. Elle est notamment l'auteure du concept de « présomption de victimité », développé dans le cadre de ses travaux sur la victimisation secondaire et la reconnaissance des victimes dans le procès pénal.
Cette recherche propose une théorisation de l’aide aux victimes en droit français, en mettant en lumière l’originalité de sa mise en œuvre. L’évolution de son régime juridique est notamment influencée par le droit de l’Union européenne et par la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, qui placent désormais la victime au centre de la réponse pénale. L’amélioration de la prise en charge des victimes passe également par une meilleure intégration des savoirs issus de la victimologie, tant dans les enseignements et les formations que dans la mise en œuvre concrète de l’aide aux victimes.

Margaux Camous
Titulaire d’un master « carrières judiciaires » de l’Université Clermont Auvergne, j’ai réalisé ma thèse de doctorat entre 2020 et 2026 sous la direction de la professeure Anne-Blandine Caire. Mon parcours m’a amené à mener des recherches au sein d’une association d’aide aux victimes, puis à enseigner à l’université pendant deux ans.
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