Les stratégies de dissuasion ciblée visent à réduire la violence en analysant les dynamiques et les conditions qui entraînent des problèmes récurrents de criminalité violente, tout en modifiant le comportement des délinquants grâce à des actions conjointes d’agences chargées de l’application de la loi, de services sociaux et d’organismes communautaires. Cette approche a été efficace pour contrôler la violence récurrente dans plusieurs villes aux États-Unis, en Europe, en Australie et dans d’autres pays. Cependant, la littérature scientifique disponible évaluant cette approche souligne que les stratégies de dissuasion ciblée sont très difficiles à mettre en oeuvre et à maintenir. S’appuyant sur une revue systématique en cours, les évaluations existantes avancent qu’environ la moitié des programmes de dissuasion ciblée rencontrent des défis notables lors de leur mise en oeuvre. Le domaine en développement de la science de la mise en oeuvre s’avère utile pour améliorer l’adoption et la continuité de ces programmes, leur apportant une meilleure fidélité, afin d’atteindre les résultats souhaités en matière de prévention de la violence. Les évaluations de processus disponibles pour les programmes de dissuasion ciblée suggèrent que les mesures clés pour assurer une mise en oeuvre robuste incluent la création d’un réseau de dispositifs alignant le travail des agences individuelles et de leurs représentants sur des objectifs communs, le développement de structures de responsabilité inter-agences et de plans de continuité, ainsi que la réalisation d’analyses des problèmes initiales et en continu de processus afin de garantir que les activités stratégiques soient adaptées aux contextes locaux et aux capacités opérationnelles. Les leçons tirées des programmes de dissuasion ciblée implantés sont abordées afin de favoriser la mise en oeuvre de tels projets de prévention de la violence au Québec sur la base des données probantes.
Ce soixante-quatrième épisode interroge Brandon Turchan.
Plus de détails : https://www.erudit.org/fr/revues/crimino/2026-v59-n1-crimino010944/1126695ar/

Criminologie est une revue de recherche scientifique avec comité de lecture (peer reviewed). Elle s'adresse aux scientifiques et aux professionnels de la justice pénale, présente des dossiers thématiques construits autour des préoccupations et des intérêts actuels des criminologues québécois, canadiens, étatsuniens et européens.
Pour la première fois depuis sa création, la revue Criminologie porte son attention, dans ce numéro thématique (Volume 52, numéro 1), sur ces personnes qui n’ont pas enfreint les normes pénales, ni ne sont des victimes de ces infractions, ni même des agents qui influencent, modifient ou appliquent ces normes. Ce qui les identifie, malgré elles, comme une population hétérogène que la criminologie se doit de mieux connaître, ce sont leurs liens familiaux et affectifs avec une personne judiciarisée.
Voici trois épisodes interrogeant plusieurs de nos auteures sur leurs articles rédigés pour ce numéro.
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