Le présent article vise à mieux comprendre comment les enfants victimes d’agression sexuelle utilisent le langage pour exprimer leurs émotions par rapport à l’agression vécue lors d’une entrevue d’enquête. Cette évaluation des récits oraux d’expérience personnelle relève du champ d’étude de la linguistique et de la narratologie. L’article poursuit également l’objectif de comparer le discours des victimes qui disent avoir été contraintes d’accomplir des gestes sexuels à l’endroit de leur agresseur à celui des victimes qui ne rapportent pas avoir subi une telle coercition. Cinq catégories de procédés évaluatifs ont été analysées, soit les « intensificateurs », les « comparateurs », les « modalisateurs », les « explicatifs » et les « expressifs ». Les résultats montrent que la catégorie des « intensificateurs » est la plus fréquente dans les deux groupes, mais que les victimes à qui l’on a demandé de poser des gestes sexuels ont nettement plus tendance à utiliser les procédés de la catégorie des « modalisateurs » (p. ex. « il m’a obligé à faire »). Elles produisent également plus de réponses évaluatives et un plus grand nombre de procédés évaluatifs par réponse. Ces résultats impliquent que d’avoir été incité à commettre des touchers sexuels est associé à la façon dont les enfants relatent leur agression au cours de l’entrevue, mais aussi à la perception qu’ils ont de l’expérience vécue.
Ce soixante-septième épisode interroge Noémie allard-gaudreau.
Plus de détails : https://www.erudit.org/fr/revues/crimino/2026-v59-n1-crimino010944/1126698ar/

Criminologie est une revue de recherche scientifique avec comité de lecture (peer reviewed). Elle s'adresse aux scientifiques et aux professionnels de la justice pénale, présente des dossiers thématiques construits autour des préoccupations et des intérêts actuels des criminologues québécois, canadiens, étatsuniens et européens.
Pour la première fois depuis sa création, la revue Criminologie porte son attention, dans ce numéro thématique (Volume 52, numéro 1), sur ces personnes qui n’ont pas enfreint les normes pénales, ni ne sont des victimes de ces infractions, ni même des agents qui influencent, modifient ou appliquent ces normes. Ce qui les identifie, malgré elles, comme une population hétérogène que la criminologie se doit de mieux connaître, ce sont leurs liens familiaux et affectifs avec une personne judiciarisée.
Voici trois épisodes interrogeant plusieurs de nos auteures sur leurs articles rédigés pour ce numéro.
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